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La réception vous présente : |
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Nantesquelques clés pour entrer dans le Pays Nantais |
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NANTES VILLE OUVERTE Nantes est une ville singulière. Sa puissance ne s'affirme pas par un parti- pris monumental, comme dans certaines villes où le bâti se veut souverain sur les hommes. Sa statuaire même ne marque pas la ville d'un sceau administratif ou militaire. Et quand bien même quelque général de bronze voudrait un instant alerter la conscience, il n'est qu'un point sur la virgule vivante d'un jardin. On dirait que les pierres de Nantes sont là pour le plaisir, comme des broderies ponctuant un tissu fluide et ample. Les rues, les quais, les places, les passages, sont ourlés de maisons qui n'enferment pas le ciel, et leurs pierres sont belles de bavardages poétiques plus que de sermons subjonctifs. On savoure àNantes l'étendue ouverte du monde. On y sent un rayonnement et des convergences. On le sent dans sa disposition naturelle et dans son inclination culturelle, dans les rubans verts et bleus qui la font respirer très loin, dans les parfums du monde entier qui flottent à ses terrasses gourmandes et fécondent ses fêtes. Nantes ville ouverte. C'est pour cela sans doute qu'on la sent vraie capitale, parce qu'elle fait circuler plus qu'elle n'affiche. |
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| EAUX ET
LUMIÈRE C'est pour cela aussi qu'on ne peut parier de Nantes sans parler d'un pays. Les communes environnantes sont ici loin d'être des banlieues exutoires de la ville : elles ont affirmé leur caractère propre, avec ou contre elle, au cours d'une longue histoire. Mais les rives qui ont séparé les Namnètes et les Pictons, fait les toits bleus ou roses, les reliefs qui là ont fait la vigne et ici les prairies, toute cette merveilleuse disparité de coutumes et de paysages, on sent qu'elle est baignée d'une influence suprême : celle de la Loire, qui semble s'arrêter là un moment pour communier avec une étoile de rivières, dernières douceurs secrètes avant l'appel du large. Cette confidence des eaux douces pose une aura d'intimité sur Nantes et son pays. Et soudain, magiquement révélée par les humeurs marines, elle devient souffle et lumière, le sourire indicible d'un pays en connivence. |
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| UNE FRIANDISE PAYSAGÈRE
C'est un ravissement d'en saisir l'harmonie du haut de la tour Bretagne, seule déviation verticale sans assise spirituelle que Nantes ait jamais érigée : du haut de cet amer, le coeur de la ville s'offre comme une délicieuse friandise avec ses toits d'ardoises, ses cheminées de briques, et son tuffeau poudré de lumière - merveilleusement sertie dans un immense jardin vallonné où les maisons semblent des fabriques d'agrément. Voici les courbes du château et l'élan de la cathédrale. Et là le serpentin de l'Erdre dans sa grande frise de verdure, avec son port et son île de plaisance, qui s'enfonce au Nord vers les champs et les roselières pour nicher des gentilhommières. Vers le Sud, la Sèvre discrète bordée de manoirs et de folies, s'enfouit dans la luxuriance du vignoble; là-bas le trait d'argent du lac de Grandlieu. Et puis la présence formidable de la Loire, lien puissant des paysages, depuis ses larges amonts semés d'îles, jusqu'à ses bras qui les multiplient. Le port de Nantes et l'île Sainte-Anne, à la poupe ligérienne et à la proue marine : c'est l'estuaire. L'envolée grandiose du pont de Cheviré, les petits ports accrochés aux rocs des rives entre les marais indomptés. Une brillance au loin : le pont de Saint-Nazaire. Et c'est l'Atlantique. |
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| UN FEUILLETE
D'HISTOIRES ET DE TRADITIONS Mais s'arrêter à cette embrasse instantanée d'une harmonie paysagère serait aussi frustrant que de contempler une sompteuse reliure. Le feuilleté d'histoires et de traditions qui fondent un art de vivre, c'est dans le livre ouvert de la promenade qu'il se révèle. Comment mieux comprendre la vocation maritime nantaise qu'en pénétrant dans ses parcs et jardins fleuris de magnolias et riches de fleurs exotiques; s'imaginer mieux le temps des voyages au long cours qu'en souriant des palmiers omniprésents dans le pays nantais; et le temps du riche négoce maritime qu'en admirant la libre dépense des armateurs dans l'architecture de leurs demeures; qu'en frissonnant aussi du sourire ambigu des mascarons sous les balcons : n'est-il pas la part noire des confiances, la marque sur la pierre du sceau tragique de la traite négrière ? Comment mieux sentir l'adieu au port qu'en se laissant bénir par Sainte-Anne comme un marin en partance. Comment mieux sentir la discrète mais vivante présence du port qu'en s'ennivrant du parfum du sucre roux sur le quai des Antilles ou de la couleur des bois exotiques sur le port de Cheviré; comment mieux vivre l'estuaire qu'en respirant son vent mêlé sur le bac de Couëron au Pellerin. Comment mieux sentir l'âme bretonne de Nantes qu'en montant sur les remparts du château des Ducs de Bretagne; comment goûter sa culture ligérienne sans découvrir aux bords du fleuve les tenues maraîchères fertiles de ses limons, ou l'or vert de ses coteaux, le Muscadet. Comment saisir que ce pays piqué d'aventures par la mer est aussi bercé d'eaux tranquilles ou secret d'eaux dormantes, sans s'émerveiller de la flore et de la faune rares de ses marais et de ses étangs; sentir qu'il est aussi pays de riche campagne, sans parcourir les prairies et les bois s'étalant autour des châteaux de la noblesse terrienne. |
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| UNE INVITATION AU VOYAGE Comment mieux sentir l'ouverture de la ville, la subtile alchimie de ses humeurs marines et nigériennes, la connivence mystérieuse de son sourire, et la richesse légère de son feuilleté, qu'en se laissant glisser dans ses contrastes et prendre dans ses convergences. Comment le sentir mieux que dans le livre ouvert de la promenade, à pied, à vélo; ou en automobile si on la quitte pour lire entre les lignes. Voici donc sept morceaux choisis pour des errances réjouissantes en pays nantais, en forme de parcours jalonnés. Rien qu'une partition, pour que l'imaginaire puisse surgir entre les notes : au pays de jules Verne, d'Éloïse et d'Abélard, des surréalistes, de jean-Jacques Audubon et de Jacques Demy, le voyage a toujours sa part de rêves. |
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